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Dernier haïku dans Hydrea:
C’est l’hiver la neige
Sur ce corps que le sang baigne
Pose page blanche

 

Le Sankulipo : A partir du 1er mai, un cycle d’un an basé sur le calendrier républicain. Chaque jour paraîtra un haïku dont les consonnes sont celles du nom du jour. Plus d’explications  sur la page du cycle.

9 prairial – Serpolet

Le pasteur est las
Sa pelisse épaisse pèse
Troupeau s’éparpille

Deux variantes d’Elisabeth Chamontin

Par l’or, l’œil espère ;
L’oreille a ses osselets ;
L’orteil, lui, repose.

Pareille à l’oiseau
Sur l’épaule paresseuse,
La réalité.

 

24 mai : Dans une semaine, le 31 mai, clôture des candidatures au >Prix International du Pantoun Francophone « Pantun Sayang » qui sera inauguré et décerné pour la première fois lors de la Rencontre de Barbezieux, (9 et 10 juillet 2015), le premier grand événement littéraire francophone consacré au pantoun malais. Voici ma contribution, une série de cinq pantoums lipogrammatiques sur le thème des cinq sens.

Le sens de l’absence

Ton œil et le soleil règnent sur l’horizon
Et l’on fond envoûté de leur couleur céleste.
Triste Pierrot de lune, en l’obscure prison
D’un squelette figé, mine grise, je reste.

Ta bouche, goutte à goutte, en son gouffre entrouvert,
Cèle un flot de saveurs. O douceur caressante.
Sec à force mon cœur de se mettre à couvert,
Egrène abruptement sa fadeur marcescente.

Ta narine frémit aux senteurs du printemps
Et ce nez délicat tu dresses dans la brise.
Sang à peine battant, je m’abats, haletant.
La tempête m’étrangle et gèle ma banquise.

Ton oreille, attentive à l’océan sonore,
Parée de longs pendants, berce comme la mer.
Jamais onde n’atteint mon épais crâne aflore
Et la dendrite est rase en mon désert amer.

Ta main court sur mon front, y glissant un sillon
Plus chaud qu’un harmattan, plus marin qu’un alcool.
Mon poing s’ankylosant, tirant mon portillon,
Frissonnant au mistral, roidit, nouant licol.

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15 mai : La ronde, échange circulaire bimestriel entre blogs sur une idée d’Hélène Verdier et Dominique Autrou, paraît aujourd’hui. J’accueille avec un grand plaisir le beau texte écrit par Quotiriens, tandis que ma contribution paraît chez Gilbert Pinna.

1er mai : Comme les deux années précédentes, un cycle commence, basé cette année sur le calendrier républicain.  Son nom mêle la forme du haïku utilisée chaque jour, et un hommage aux Sans Culottes qui ont écrit une page de notre histoire.

 

Derniers textes dans le recueil Oripeaux (9, 12 mai) :

Un quatrain express :

Express spaghetti

Pour franchir du torrent les marmites géantes,
J’abattis un sorbier, mais plia grêle tronc.
Un Turc tendit bien fort l’étoffe enveloppante
Et dit : Suis ma slackline et ne sois point poltron

Le pont, l’arbuste et le turban

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Un poème bâti sur une phrase circulaire :

Méditation circulaire

Le hacker se pencha, l’œil interrogateur :
à méditer

Il entra pour password la rivière au méandre :
me dit « Era »

Il faut mettre un peu d’ordre à cet ordinateur :
édite ram

O quand j’entends d’aucuns m’accuser de m’étendre :
dite rame

De colère enfourna chapelet de cachets :
itéra med

Dès le troisième au ciel rejoignit dame anglaise :
ter, âme : Di

Lâche-moi les baskets ! fit-elle, à Dieu ne plaise :
Eram : édit

Ce dernier, de ces mots, cherche encor sens caché :
Ra médite

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Dernier texte dans le recueil des Poèmes accueillis (15 mai) :

Un texte de Quotiriens accueilli dans le cadre de la Ronde de Mai :

Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains…
C’est en musique qu’il me revient, un La mineur, un Ré mineur, notes laborieuses sous des doigts gourds, déclamé en confession aux accents trop sourds, trahis par des fusées de décibels vertes quand la voix, comme le corps, hésitent encore. Apollinaire n’était alors qu’un sujet du bac de français; Alcools, un terme agréable au contenu vide. Les guitares étaient nos mandolines, un feu étrange nous parcourait qui, à notre grande honte, finissait par trahir ce que nous tenions tant à cacher quand il provoquait à fleur de peau ses terribles volcans. Plus tard, mais le Rhin toujours, la Bavière, les cygnes, les sorcières et les jeunes filles, les chevaliers les rois les armures étincelantes, les longues chevelures au fil du courant entre les branches noyées des saules. Albertine bien sûr, l’odeur d’aubépine après la pluie de printemps sur la route de Méséglise. Valkyries, ondines, sirènes, Ophélia que je cherche dans chaque cours d’eau qui passe. Ces jeunes filles drapées en des lins transparents resteront inaccessibles en haut des hautes berges, reflets évanescents entre deux eaux. Le Mai, le joli mien, quand je ferme les yeux, est avant tout médiéval, romantique, germanique et préraphaélite.
Celui des années 70, un siècle trop tard.
ronde-mai-1ronde-mai-2

…Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes.
La nature reprend ses droits, la sève bouillonne à nouveau et dans l’air frissonnent des milliards d’élytres. Allongé dans l’herbe jeune, un vent léger fait frémir l’atmosphère quand pointent ça et là quelques farfadets. Surtout garder les yeux fermés, tenir pour ne pas laisser s’enfuir l’instant et ses graciles demoiselles.

ronde-mai-3

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Journal

30 avril : Après un an d’existence le cycle du Zodianku s’est achevé aujourd’hui. Ses 36 textes en forme de renku usant une contrainte basée sur les signes du zodiaque ont été l’occasion d’accueillir de nombreuses contributions d’amis Oulipotes ou Twittérateurs. Merci à tous pour cet échange plein e richesse. Pour le dernier texte du Zodianku j’accueillais avec reconnaissance les membres de la liste Oulipo :

Vents, frères du fleuve
venus du sud, de la mer
nés des steppes russes.1

Senteur exhalée d’Annan
Que le sable a répandue2

Fureur des nuées
Cet harmattan chaud s’abat,
Sec dessus l’erg nu.3

Quel mascaret d’espérance
Rechassa le vague à l’âme2

Prends l’heur en ces gemmes
Sculptant tes gestes futurs
Leurs splendeurs terrestres4

N’entends-tu pas cet augure
Que le temps mène au hasard4

Bébé des blés bleus
Né au creux du ruban blanc
De brume et de vent…5

La murène est dans le seau
Tu prends le râteau du temps5

Muse fuselée
Traverse une austère épave
Épure de fugue6

Flambeau fumant dans le vent
S’achève un labeur astral7

(1) Annie Hupé.
(2) Guy Deflaux ( @Wanatoctouillou )
(3) Françoise Guichard.
(4) Gilles Esposito-Farèse
(5) Nic Sirkis
(6) Brigitte Pellat  (@BrigittePellat)
(7) Nicolas Graner

 

22 avril : Journée internationale de la terre nourricière. A cette occasion un monovocalisme en e :

Ether, glèbe, cendres et mer,
Les éléments perdent le sens.
Des espèces et des essences
L’effervescence est en enfer.

Se désengendre cette terre.
De cette Mère en déshérence,
Venez, rêvez, prenez défense.
Descellez les cercles de fer.

Ouvrir la page du poème et sa traduction en anglais par Timothy Adès.

21 avril : Après un an d’existence, le Zodianku s’achève par un dernier texte dont toues les strophes sont composées par des membres de la liste Oulipo. Un grand merci à tous d’avoir accepté mon invitation. Votre participation au Zodianku est un grand honneur.

5 avril : Un message, transmis par la Ligue de l’Enseignement dans le cadre de l’opération « Jouons la carte de la fraternité », m’a été envoyé par Yanis, élève de CE2 à l’école de Villard-Sallet, en Savoie. Voici ce message:
« Je pense que c’est une bonne chose d’aider les gens qui en ont besoin. Et vous ? »
En réponse à cette belle phrase je lui ai envoyé ce poème, une quenine sur les mots «tendre», «la», «main», dédié à Yanis et la classe de CE2 de Villard-Sallet, intégré au recuil Ouvrir :

Tendre la main

Elle n’en peut plus d’attendre.
Il murmure « Je suis là »,
Doucement saisit sa main.

Comme elle est chaude la main,
Doigts noueux et paume tendre,
De celle qui reste là.

Son visage n’est plus las.
La malade, à pleines mains,
Offre son sourire tendre.

Ouvrir la page du poème.

 

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