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Dernier haïku dans Hydrea:
dans la nuit de glace
salut à vous cheminots
claire est votre flamme

13 avril : Après la conférence du Président de la République à la Conférence des Évêques de France.

L’Emmanuel met
La République en marché
Prêtre, dis amen

Prosterne-toi devant l’Arche
De la Nouvelle Alliance

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Derniers textes dans le recueil Ouvrir (15 et 17 avril) :

Révolution

Désorganisation, pognon colonisé,
Bookmakers compromis, spoliation gloutonne,
Dérogations, complots, consortiums empoisonnent
Nounou, poupon, bougnoul, prolo robotisé.

Sonores compagnons, repoussons composer.
Décochons horions, dégoupillons hormone,
Dépossédons voyou, ploutocrate, gorgone.
Exproprions prompto bourgeois couperosé.

Horloges tourneront, métronomes courront :
Apollons contrefaçonnés toujours mourront.
Pourquoi courtiserions bourbon mythologique ?

Organisons corpos, occupations, convois,
Arborons gonfalons, survoltons portevoix.
Détrônons zigoto molto soporifique.

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Gravir marche après marche et surplomber le monde

L’apprenti qui voulait se rendre aussi turpide que Trump
S’enfla
L’apprenti qui voulait se rendre aussi néronien que Kim Jong Un
S’enfla bien
L’apprenti qui voulait se rendre aussi brutal qu’Erdoğan
S’enfla si bien
L’apprenti qui voulait se rendre aussi totalitaire que Xi Jinping
S’enfla si bien que
L’apprenti qui voulait se rendre aussi meurtrier qu’El-Assad
S’enfla si bien que la France
L’apprenti qui voulait se rendre aussi barbare que Poutine
Creva

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Dernier texte dans le recueil Le prix de la vie (10 avril) :

À contre-cœur

Le métronome est arrêté.
Qui nous donnera la cadence ?
Comment poursuivrons-nous la danse
Sur les faubourgs de la Cité ?

Automne, hiver, printemps, été,
Ont résonné de ta romance
Qui nous a montré l’importance
Du regard sur l’homme porté.

Nous t’attendons. Reviens nous vite,
Ami qui t’écartes sans bruit
À l’époque où mûrit le fruit.

Que brille à nouveau la pépite
De ce bel œil qui fait chanter
En couleur un monde enchanté.

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Dernier texte dans le recueil Oripeaux (9 avril) :

Nudité

Quelle épreuve plus dure, au musicien poussif,
Qu’exécuter au luth un funèbre prélude
Quand une affreuse pluie, au remous incursif,
Submerge un instrument soudain devenu rude ?

Quel refuge plus sûr, pour un cœur refusé,
Qu’une ruelle aveugle où toutes heures pleurent,
Enfouissant un amour aussi fou qu’abusé
Sous une armure brute, où doux souvenirs meurent ?

Autrefois, pur bonheur. Aujourd’hui sourde nuit
Où nulle lune pour un nocturne sourire
Adoucissant celui qui bruyamment soupire.

Sous une voûte brune, où sourd un creux ennui,
Une goutte parcourt une joue esseulée
Qu’essuie un pouce gourd. Luit sanguine aube ourlée.

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Journal

6 avril : Mort de Jacques Higelin. Anagrammes :

Jacques Higelin
lâche jigs : quine.
Qui ? – Lâche, j’en gis.

3 avril : Participation massive au premier jour de la grève périodique des cheminots. Un haïku :

dans la nuit de glace
salut à vous cheminots
claire est votre flamme

29 mars : Mille personnes me suivent désormais sur Twitter. Pour fêter cet événement j’offre au millième « follower » un poème en beau présent sur le mot « millier »

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23 mars : Anagramme à l’occasion d’une déclaration stupéfiante de Philippe Pétel, doyen de la fac de droit de Montpellier, soutenant une action violente aux relents d’extrême droite au sein de son établissement :

Philippe Pétel, doyen de la fac de Montpellier.
Le dol pénal cède fol myrte de Philippe Pétain.

15 mars : Nouvel opus de La Ronde, échange entre blogs, avec cette fois pour thème « Dialogue(s) ». J’accueille avec joie Franck Bladou :

Dialogue avec mon ennemi, mon frère

Je suis, comme l’a pu être avant moi Francis Bacon, et probablement aussi à cause de lui, de sa propre obsession, fasciné par le décorticage stroboscopique de l’assassinat de JFK à Dallas, le 22 Novembre 1963. Le défilé des images en couleurs, grossies, du drame qui s’est déroulé ce jour-là fut le prétexte d’une analyse balistique pour prouver l’existence d’au moins deux ou trois tireurs, ce qui a alimenté la thèse du complot. Comme si il y avait besoin de preuves pour l’affirmer. Qui donc, fou, désaxé, va calmement ajuster un tir professionnel à plusieurs centaines de mètres de sa victime et lui faire éclater le crâne dans une voiture en marche? Le plus gros maquillage de l’Histoire, un crime en direct, mitraillé par des dizaines de photos et de films amateurs, dont le plus connu dit de Zapruder, pris par la foule présente au moment des faits sur le trajet du convoi présidentiel. Un image par image terrible du drame en a été tiré , la 305 jusqu’à la 312, Jackie, inquiète, se penche vers son mari qui presse ses mains sur son thorax sans comprendre, la voiture avance jusqu’à la 313, celle de l’impact quand le crâne explose en une éruption orange verticale, la 337, Jackie, dans la même position tournée vers son mari, les yeux rivés sur la boîte crânienne déchirée de JFK, la bouche ouverte, les bras entourant ce qui alors n’est plus qu’un corps étrange à moitié décapité, fulgurante vision immortalisée dans les vert anglais, rose et bleu; les suivantes oú Jackie essaye de fuir l’enfer, enjambant le siège et rampant à quatre pattes vers le coffre arrière dans la Lincoln toujours en marche.

ronde-janv-18_Zapruder

L’image crue de chair explosée si caractéristique des portraits de Bacon.

Quelle démocratie assassine ses symboles, tire dans le crâne de ses présidents les plus charismatiques? Il y a, dans l’assassinat de JFK et d’Abraham Lincoln, la même volonté des commissionnaires de ces meurtres de s’approprier la force de l’ennemi et boire dans le crâne ou exposer la tête de l’adversaire devant l’entrée des villages ligures ou vikings.

Une poignée d’ivraie contamine le sac de graines, élimine un président élu en toute impunité, aux yeux de tous. Des quels yeux, quoi de plus naturel, naissent les zombis abrutis d’images sanglantes banalisées voire ludiques pour qui la réaction à la moindre frustration aboutit aux tueries de masse en série. Le cauchemar américain revient en un leitmotiv nauséeux chaque semaine quand les mêmes symboles sont atteints par les mêmes balles, et passent en boucle les images de Zapruder oú explosent en une gerbe sanglante la jeunesse, l’avenir, le progrès.

« I am a painter of the 20th century: during my childhood I lived through the revolutionary Irish movement, Sinn Fein, and the wars, Hiroshima, Hitler, the death camps, and daily violence that I’ve experienced all my life. And after all that they want me to paint bunches of pink flowers … But that’s not my thing. The only things that interest me are people, their folly, their ways, their anguish, this unbelievable, purely accidental intelligence which has shattered the planet, and which maybe, one day, will destroy it. I am not a pessimist. My temperament is strangely optimistic. But I am lucid. » Francis Bacon, interview de Giacobetti, 1992.

ronde-janv-18_Bacon-1986

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14 mars :  En cette journée de pi (3,14) mort de l’astrophysicien Stephen Hawking : un palindrome

Pi, tel un étalage d’art nu, d’un trad égal a tenu le tip.

Un pangramme hétéroconsonantique :

Caves : jetez y pi fabuleux qu’Hawking dorme.

13 mars : Jour sans E sur twitter. Deux contributions :

Un twoosh 280 :

Aujourd’hui du matin jusqu’au soir
On dirait qu’un courant d’air malin
Court sur nos mots vachards ou câlins.
D’avis jadis clairs ou blancs ou noirs
Qui tout à coup supprimant un son
Fit surgir un jargon polisson ?
Stop Oulipo ! D’un assassin bras
Un air si doux jamais n’occiras.

Un poème libre :

j’avais ma kalach à la main
tu parus dans ta gandoura d’un blanc ivoirin
j’ai vu ton cil battant fort
j’ai vu ton bras m’offrant un amour toujours vif
un avion largua sa cargaison d’obus
l’horizon s’obscurcit
un instant j’ai vu ton front brun dans un halo carmin
j’appuyai mon doigt
raaah ta ta ratata tac rataratatatac
tu disparus dans la fulmination d’un sang noir

8 mars : Journée internationale des droits des femmes. Un renga :

échouée

ses paumes marines
m’auraient offert un voyage
murmurant et vague

en ma nasse je l’enserre
brise son palpitement

sa bouche saline
m’aurait ouvert un abysse
aux couleurs mouvantes

elle se fige en ma glace
au pic j’y grave une loi

fragile coquille
qui referme pour toujours
sa lèvre meurtrie

moi sur le sable souillé
j’imprime une trace noire

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 Suivez ce lien pour retrouver les dates plus anciennes dans la page «journal».


L’ambigramme du mot Oulipo est l’œuvre de Basile Morin. Je recommande la visite de son beau site.