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Dernier haïku dans Hydrea:

il est interdit
de voler alors je reste
devant mon miroir

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29 mars : Belle absente adressée à une amie qui se bat contre le virus.

Splendeur des mots qu’un vers bref jette et, cher, nous grise,
De quelle affre imprévue est chargé ce jour bistre
Qui te chope et veut juguler de flammes beiges ?
Oh que fasse place aux jeux d’eau grave temps brun.
Qu’au joug, qu’au plomb ravi soit du chant frais cristal.

25 mars : Hier a été annoncée la mort d’Albert Uderzo.

Albert Uderzo :
Barde, l’ut ? – Zéro.

Dernier texte dans le recueil Ouvrir ( 26 mars ) :

Toxilde

Nivaquine et chloroquine
Ont surgi de l’horizon
Face à la terreur maline
Tuant l’amour et la raison

Pour ceux qui rampent dans l’ombre
La nuit se dissipera
Qui de nous fauche un tel nombre
Et notre peur disparaîtra

Ô déité de Marseille
Dont coulent de longs cheveux
Parle il faudra qu’on te paye
La célébrité que tu veux

Voir la page de ce texte.

Dernier texte dans le recueil Chromos ( 23 mars ) :

L’ascension

Je pars à l’aube sac au dos vers le Roc Marc. D’un bon pas je vais par l’ubac, dans l’air cru du jour neuf.

De l’eau vive du nant j’ouïs le son cher à mon âme, tel le rire qui fuse d’un gone tout à son jeu. D’un gour pris dans sa rive me fixe une nèpe sans voir qu’elle-même est la mire des huit yeux d’une bête au noir velu. La vie suit un orbe où mon ego de juge n’est pas de mise. Va plus loin, mon gars, ceci n’est pas pour toi.

La côte est rude et le pied ripe sur le sol gras. Déjà je suis au col, où le vent me scie, me gèle, me rend soûl. Il faut oser ces pas de fou le long du crêt, l’œil tiré vers le vide, un pied sur ce bloc qui cède, un pied sur… sur rien.

De peur en peur le but est là : une mire de l’ign, un coin de sol qu’orle un à-pic. Rien qu’un fétu de foin, un lis bleu, un brin de thym. Le vent qui se met en rage. Le névé, le vide, et loin loin tout en bas le jas lové dans le pli du val. D’ici l’âne du père Roux n’est qu’une tête de clou bleu-gris. Par à-coup fuse un son ténu, le tint qui de la tour semé dit à midi l’ave de l’ange, le choc d’un fût de pin qui vient d’être scié, le râle de la bête dans le box où l’on tire son lait. Au delà sied le Haut Mont, un peu flou dans les rais crus du bel été, fier sur le rang bleu des soms que hâle le ciel.

Je suis venu là avec l’idée de fuir dans la mort ce sort noir qui me mine. De tuer cet aven sans fond où j’erre, elfe trop naïf, ami déçu, ange chu. Avec mon rêve talé, le non et le rire acre de ma mie, les huis qui tous se sont clos. Sans abri, sans but, seul et nul, je suis venu voir une fois de plus le pays que j’ai aimé, puis d’un élan bref me ruer dans le vide, moi, le bloc de boue, en un vol que ne note pas même l’écho.

Et puis le vent me crie un mot très beau. Le Haut Mont tend vers moi, par delà l’air brut de la cime, sa face où se lit une joie pure. Je sens que flue du sol et me lave la paix de l’alpe. Lors moi, le hère fou, je fais avec les yeux un long tour de ces pics où luit l’eau vive née de l’aube des âges. Je sais que je suis roc avec les rocs, gel avec le gel, vent avec le vent. Et tout à coup je ris. Je ris.

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Dernier texte dans le recueil Oripeaux ( 18 mars ) :

Un chemin

Chamboulement

Sèche ruine. Tombe saint,
Chant brisé. Muet, se noie
Sthène subi. Mine atroce.
Meute chasse. Rit-on bien ?
Torche est à nimbes unie :
Une hécatombe sinistre.
Toute chaîne sème brins.

Absence

Prompts fogs d’hiver criblent jonque.
Vent froid chaque jour temps glace
Quand gel fort vif, chopant jambe,
Rompt vil flanc jusqu’à bug hard.
Troque, à champs gris, d’abjects fleuves,
Migrant, vu fiqh : plus de job.
Plus d’ord joug ! Vrombit ! Franc squash !

évasion

nous emmène voie issue
vers une zone innommée
où nous n’avons ni racines
ni ressources en nos mains
ici s’ouvre sans mémoire
une innocence inconnue
sereine errance amoureuse

Échange

Alerte, de l’or a, pâle,
Rêvé : ris niaise tête.
Dru, ô Galate égaré,
Nue perte nef à fenêtre.
Peu ne rage. Et à la gourde
Tète, si ainsi révère
La parole d’être là.

Harmonie

Quand chanter fut interdit,
Deux cœurs coupables, sans frein
Se sont risqués, insoucieux,
Sifflant par places et souks.
Lors aux murs germent, charmeurs,
Lis, liseron, jonc, pavot.
Courbe sa voûte le ciel.

Présent

Se présente, reste, s’ente.
N’est pressé : ère est pérenne.
Ses repères enterrés,
Erre en terre pénétrée.
Steppe enserre, pèse, entête.
En pente sente serpente.
Entre ! Et se sent espéré.

Vie

Musique, avant toute chose,
Vaguait par l’autan tiédi.
Beat freak, sans la fade onction
Figeant l’âme, enflait d’un coup,
Pointant l’ample erre -off aura-
D’un son sans pareil. Jeune astre
Haut flammait le ciel hier gris.

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Dernier texte dans le recueil Poèmes accueillis ( 19 mars ) :

Un poème de Bernard Maréchal proposé en variante pour le Pataméride de ce jour :

Passion-Jarry-Poligrafovitch_bernard-marechal_19-03-2020

Cliquer sur l’image pour l’agrandir

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Journal

10 mars : Retour sur la soirée des Césars:

Qui sont ces gens ?

Que fait-on de la présomption d’innocence ?
Une grande intellectuelle obligée de dispenser son opinion sur le bien et le mal.
Qui sont ces gens ? Ils sont minuscules.
Il y a cette espèce de tribunal, de lynchage public que je trouve abominable.

Ainsi parlèrent les antidreyfusards au sujet de Zola et de ses sinistres complices. Ces derniers avaient, pour ses agissements contre le méprisable Dreyfus, honteusement attaqué le Colonel Henry, « ce serviteur héroïque des grands intérêts de l’État, ce grand homme d’honneur », et à travers lui la glorieuse armée française.

8 mars : journée internationale des droits des femmes.

le huit mars vous souvenez-vous
est le jour où les agresseurs
les souteneurs les exploiteurs
avec les féminins objets
qu’ils ont depuis toujours piégés
ont un ultime rendez-vous

le huit mars souvenez-vous-en
est jour où la fange se lève
où l’humiliation s’achève
et la loi des vieux malfaisants

du meurtrier sonnant défaite
le huit mars est un jour de fête

4 mars : Sortie en librairie de « Sorel Éros », de Jacques Perry-Salkow et Frédéric Schmitter. C’est le plus long palindrome jamais écrit, avec 10001 caractères !

Sorel Éros…
Ô sors, réel,
Erres solo.

4 mars : Une tribune de journalistes et de nombreuses associations paraît pour protester contre le projet de contrôler les vidéos montrant les violences policières.

la huitième plaie

ils viennent armés et masqués
pour te mettre un genou à terre
te mutiler te faire taire
c’est l’homme qui est attaqué

ils viennent sans règle et sans frein
environnés de fumerolles
briser qui ose la parole
à coups de bottes dans les reins

ils viennent les êtres sans nom
sans visage et sans matricule
brandissant dans leur mandibule
de la junte le noir fanon

ils viennent les semeurs de peur
les préposés à l’extinction
raser espérance et passion
poser le joug de la torpeur

Voir la page de ce texte.

3 mars : On manifeste aujourd’hui après le passage en force de la loi retraite par le 49-3. Une petite chansonnette avant d’aller me joindre au cortège :

pirouette-cacahouette

3 mars : Aujourd’hui, 38e anniversaire de la mort de Georges Perec. Un ourobindrome-express :

le double vé

Le chat sur l’épaule,
Par le double vé
D’une griffe folle,
Son sceau vint graver.

Perec a lacéré.

Voir la page de ce texte.

2 mars : Des garde-côtes repoussent des migrants massés sur un canot, et tirent à balles réelles vers eux. Le même jour, un enfant est retrouvé mort lors du naufrage d’une autre embarcation. Ça se passe en Europe.

L’homme ?
Un élément statistique
Un danger
Un déchet

La détresse ?
Une abstraction
Une agression
Un crime

L’amour ?
Un lipogramme en e
Une inconséquence
Une maladie

L’État ?
Un absolu
Un idéal
Tout

 Suivez ce lien pour retrouver les dates plus anciennes dans la page «journal».


L’ambigramme du mot Oulipo est l’œuvre de Basile Morin. Je recommande la visite de son beau site.