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Dernier haïku dans Hydrea:
J’ai cru voir la mort
Dans le reflet d’une branche
Sur l’étang des ombres

Le Zodianku. : Variante du renku; strophe lipogrammatique quotidienne. Les explications et les premiers textes réalisés sont sur la page du zodianku.
Treizième texte : 13 au 23 septembre- Signe : Vierge ; planète : Mercure
Etat au 15 septembre :

Les muscles tendus
Ils entrent lèvres serrées
Des hurlements fusent

Cernés de lumière blême
Sentent le ciment trembler

Un vent d’hébétude
Gifle ces virils éphèbes
Qu’encercle une meute

 

11 septembre : La liste Oulipo vient de disparaître subitement fin août pour une raison technique. Face à ce coup du sort, quoi de plus approprié qu’une belle absente ?

Oh vite la revoir

Non, que jamais trépas ne fauche vos bonds d’anges,
Vous fantasques pêcheurs dans l’ajonc gambadant,
Jetant votre fil blond qui plonge au charme ardent
Qu’a le fleuve jonché d’improbables mélanges,
D’un maquis surplombant champs, vin, fragrant jardin.

Jeux, marquants graffiti, pleuvent en chants bien drus
Dont qat semble à l’envi plagier charme et joie forte.
Joutes, fresques, beaux vers, choux gras : pas de main morte
N’y vont choquants jongleurs, bardes frappant mots crus.
Quel fracas vient brusquer ce chœur, majeur gadin
Qui mâche, griffe, abat, jaspes et lavandin.

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14 juillet : En ce jour de fête nationale, je m’interroge sur les multiples tentatives, jusqu’ici infructueuses, de modifier les paroles de la Marseillaise. Comment procéder ?
La devise de la France, avec ses trois beaux mots, est un magnifique exemple de trivocalisme. Or le nom même de « France » est basé sur deux voyelles : une idée ne serait-elle pas de chercher du côté du bivocalisme ? Voici une tentative ajoutée dans le recueil Ouvrir :

Une autre Marseillaise

enfants des terres fraternelles
le grand appel s’est élevé
relevez les manches rebelles
détachez l’esclave entravé
détachez l’esclave entravé
entendez le chant d’espérance
scandé par les halls par les champs
le brave se lève arrachant
la gangrène et s’exalte la France

venez les affamés massés en rang serré
marchez marchez tête levée c’est la grande marée

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3 juillet : Je ne sais pourquoi, j’ai eu envie ce matin, sur une contrainte actuellement à l’étude sur la liste Oulipo, d’écrire ce petit poème  qui ne vise presque personne :

le bateleur

il nous mène en pansway
montre en télé dolby
son bureau regency
parle en parfait dandy
la gouaille d’un jockey
la dégaine goofy
un petit air groggy

il nous mène en dinghy
nous dit c’est ainsi y
croirez-vous c’est vrai j’y
fus traité tel husky

nous roule en chantilly
nous déhanche un shimmy
qui vaut pas un penny
comme on vend un sextoy
comme on gruge  papy

ses ergots de coq y
furent cuits au curry ?
il faudrait un bon psy
quand confond penalty
et danse de Saint-Guy
quand dollar ou lev y
devient oeuf de Longwy

chez lui reste sexy
sa cour sa gentry y
vénère star jazzy

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Dernier texte dans le recueil Ouvrir (23 juillet) :

Une impression de voyage ramenée de Bosnie :

Bosna

Prunes au sol, par l’orage versées, dessinent une mappemonde mordorée.

Ses continents au soleil fermentés laissent échapper une ivresse agonisée.

Le promeneur, narine dilatée, cherche une mer et passe entre fruits écrasés.

Lourde senteur imprègne sa pensée, sous les arbres marchant vers la source enchantée.

Lorsqu’il boira belle liqueur ambrée il pensera parfois au peuple fusillé.

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Dernier texte dans le recueil Le prix de la vie (30 juin) :

Un poème consacré au poète iranien Hashem Shaabani exécuté le 27 janvier 2014 :

le poète doit mourir

Sept raisons pour lesquelles dois mourir

Pendant sept jours ils m’ont crié :
Tu fais la guerre à Allah !
Samedi, parce que tu es un arabe,
Dimanche, parce que tu es d’Ahvaz
Lundi, rappelle-toi tu es iranien
Mardi : tu te moques de la sainte et sacrée Révolution
Mercredi, N’as tu pas levé la voix pour d’autres ?
Jeudi, tu es un poète et un baladin
Vendredi : Tu es un homme, n’est-ce-pas assez pour mourir ?

[ Poème de Hashem Shaabani ]

hiver long
ô combat cruel
détenu mourra : vois l’édit
quand d’or fin soir parera le sable de l’arène
chair os nez brisés sueur avant bras ligotés va, écriveux délirant, va !
va poète
des murs sors sali
ton impossible mort franchis
sur l’arche pends ballant corps démembré fin fétu
la morsure
de l’ogre altéré
bée du cou aux jambes en sang
quand du fauve
l’ivre armada rôde
en grognant

nul n’a vu venir l’effarant ictus nouant corps

bondir fou
oser parler libre
aux braves qu’on dit ombrageux
offrir l’onde calme caressée de vents légers
où siffle l’imprévu tapage barjo qui érige l’inversion l’art et l’aube
vivre l’art
muser loin loin loin
sucer l’os ta lèvre écartant
cueillir les épis fameux parés de blanches gemmes
vivre enfin
rire au chant du barde
et tendre aux francs humains le vin
va devant
ne recule pas
tu grandis

le cri glaçant monta mua se tut

un lourd joug
interdit d’écrire
sage diktat d’un corps prudent
il faut conduire à l’enfer l’inscrit simili dieu
la folie l’infamant langage du parolier fier inocule âpre graine ivre
faim du mot
poison trafiqué
ce fiel appâtant l’instinct vil
et ce poétisant rêve imprégné de l’esprit
inscrivez
au rang des périls
libre vers à suave son
indolent
sa menace pèse
misérable

soir tombant cadavre tassé gisant

au couchant
toi l’éprise crie
ils ont déjà du mari mort
en tas sur la noire terre ils ont son corps divin
drapé d’un gros fil torsadé le laissant déchu spolié inconnu radié
là ce soir
revis le roman
d’un soir où rencontras le rêve
vibrant de l’ami solide l’effendi poète
sèvre sein
brise miroir gris
des caresses éliminée
le grand vent
rit sur ton dur lit
dévasté

vermine décrit chemins bruns coulante bavante gigote

vent sauvage
suroît des ciels vifs
mots qui dérangent nos lubies
sans peur poésie sort d’où l’origine vira
du jour elle démet l’axe tirant du froid rouage poli ce fil qu’on tient
l’imprudent
par un trou franchi
quête l’inexploré sans clé
sorti d’ombre il épouse l’invisible indiction
incisif
il est l’écrié
il cible l’hiver s’étiolant
un grand voile
se fend et l’été
enfin sort

dans un tas de gravats la fin l’oubli

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Derniers textes dans le recueil Oripeaux (30 juin, 3 juillet) :

Une réponse à l’opération « Dis moi dix mots » 2014-2015 juste lancée :

Sérendipité

Que voulait dire au fait ce mot tant répété
Dans la grande kermesse aux jargons à la mode :
Sérendipité,
Brandi tel un grigri dans les salons de thé
Par les collectionneurs de parlers incommodes ?

Voulant me renseigner aux merveilleux wikis
J’ai tapé plein d’espoir sur mon clavier tactile
Sérendipité.
Las j’avais mal ciblé. Sur ce vocable exquis
Je n’eus comme retour qu’un contrepet futile.

Mais au détour du web, mystérieux amalgame,
Cherchant en vain le sens de cet étrange mot
Sérendipité,
Je découvris au coin d’un site à large gamme
Qu’il faut dire Inuit et non point Eskimo.

Mon Dieu je suis troublé dedans ma zénitude
Par ce renseignement auquel je dis bravo !
Sérendipité
Peut attendre demain. J’abandonne l’étude
Des mots kitsch… Le Grand Nord a conquis mon cerveau.

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Un essai de la contrainte « G20″ introduite par Gérard Le Goff sur la liste Oulipo :

le bateleur

il nous mène en pansway
montre en télé dolby
son bureau regency
parle en parfait dandy
la gouaille d’un jockey
la dégaine goofy
un petit air groggy

il nous mène en dinghy
nous dit c’est ainsi y
croirez-vous c’est vrai j’y
fus traité tel husky

nous roule en chantilly
nous déhanche un shimmy
qui vaut pas un penny
comme on vend un sextoy
comme on gruge  papy

ses ergots de coq y
furent cuits au curry ?
il faudrait un bon psy
quand confond penalty
et danse de Saint-Guy
quand dollar ou lev y
devient oeuf de Longwy

chez lui reste sexy
sa cour sa gentry y
vénère star jazzy

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Journal

30 juin : Je découvre l’édition 2014-2015 de l’opération « Dis moi dix mots ». La liste de cette année se compose de mots empruntés aux langues étrangères : amalgame (arabe), bravo (italien), cibler (de cible, alémanique suisse), grigri (utilisé en Afrique et dans les Antilles), inuit (inuktitut), kermesse (flamand), kitsch (allemand), sérendipité (anglais), wiki (hawaïen), zénitude (de zen, japonais). Doutant de la possibilité de faire quelque chose avec un pareil attirail, j’ai fait ce petit essai, tout en plaignant les professeurs qui les années précédentes firent merveille avec leurs élèves :

Sérendipité

Que voulait dire au fait ce mot tant répété
Dans la grande kermesse aux jargons à la mode :
Sérendipité,
Brandi tel un grigri dans les salons de thé
Par les collectionneurs de parlers incommodes ?

Voulant me renseigner aux merveilleux wikis
J’ai tapé plein d’espoir sur mon clavier tactile
Sérendipité.
Las j’avais mal ciblé. Sur ce vocable exquis
Je n’eus comme retour qu’un contrepet futile.

Mais au détour du web, mystérieux amalgame,
Cherchant en vain le sens de cet étrange mot
Sérendipité,
Je découvris au coin d’un site à large gamme
Qu’il faut dire Inuit et non point Eskimo.

Mon Dieu je suis troublé dedans ma zénitude
Par ce renseignement auquel je dis bravo !
Sérendipité
Peut attendre demain. J’abandonne l’étude
Des mots kitsch… Le Grand Nord a conquis mon cerveau.

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27 juin : Je trouve un message de Géraldine Camile, Chargée de collections pour le Dépôt légal numérique à la Bibliothèque nationale de France me disant « Je vous confirme que votre site talipo.fr a été collecté ainsi que les textes présentés sur ce site le 1er juin 2014. La qualité des archives est bonne avec plus de 3 200 URL collectées. Vous pouvez consulter les archives dans les salles de recherche de la Bibliothèque. » Emerveillé par le travail d’archivage colossal réalisé par la BnF, je lui dédie ce quatrain:

L’œuvre qui se construit s’archive vers à vers
Grâce au travail patient qui collecte sans trêve.
Honneur à ceux par qui, prose ample ou ligne brève,
S’offre la création, flambant trésor ouvert !

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