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Dernier haïku dans Hydrea:
ce n’est pas l’amour
qui fait taire le poète
c’est la balle au ventre

 

17 mai : Jour de manifestations

Nous allons manifester
L’injustice manifeste
D’un patronat qui infeste

Nous marchons pour contester
L’état vendu sans conteste
Contre qui chacun proteste

Loi des gros qui profitez
A qui le crime profite
Loi d’une gauche confite

Courant tels des dératés
Biffons la loi scélérate
Que le coup de force rate

C’est le jour de mouffeter
La droite sera défaite
Demain nous ferons la fête

11 mai : Mort de François Morellet :

Nier calme : sort fol

10 mai : Le premier ministre annonce un coup de force pour imposer sa loi. En guise de protestation, quelques anagrammes sur l’expression « quarante-neuf/trois »

Historique  : Tronqué, tu as fariné.
Pragmatique : Tartufe a risqué ? – Non !
Didactique  : Qui torture n’a fanes.
Energique   : Enfin, tous traquera.

5 mai : Le dessinateur Siné est mort aujourd’hui. Voici un bel absent pour marquer cette date.

Mort aux cons

Grapheur qui voit fleurir combien, au jour dernier,
D’hommages forts, bravos cajoleurs qu’on placarde,
Griffé par chaque mot, jouit sous laude bavarde.
Du poing baffant joviaux « Ho, mort aux cons, laquais ! »

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3 mai : Il y a 400 ans mourait Shakespeare. En son honneur un poème écrit sous la contrainte du jeu de la vie :

peaks as here

Pan ! Le théâtre est enseveli, et il crie stop.

Fini l’institut ! Virons l’or chiant, crottons nos proses pour un soir brut, du cul, du fort.

Quand, aux murs sanglants, battus dru, face aux clubs d’effaceurs du rire, d’imbus du poncif, nous, purs surcoufs nus, augurant un jeu plus brutal, risquant l’urgent combat humain, un vent franc levons, pâlit le rictus des moribonds gras.

Risquons l’urgent combat humain.

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1er mai : Après un an de haïkus quotidiens basé sur le calendrier républicain, le Sankulipo s’est achevé hier. Pour fêter la mise à bien de ce projet, voici un feu d’artifice oulipien. Nous honorons à notre manière Fabre d’Eglantine, auteur des noms de jours du calendrier républicain par une salve de poèmes oulipiens à retrouver sur la page « Une pluie de bergeries »

 

Dernier texte dans le recueil Ouvrir (4 mai) :

Un SOS pour Alep :

El Sosdealepo

Je suis la triste cité veuve dans la nuit.
Le chef au napalm détruit l’âme de sa plèbe.
Plus un seul espoir, l’effroi glace, tout est bruit.
Vient un noir drapeau planté sanglant sur la glèbe.

Je suis un tombeau maudit. Holà ! Qui me plaint ?
Qui va me rendre jamais l’amour et la vie,
La fleur qui sentait l’heureux parfum d’un jour plein,
Le miel bien doré, l’amant serrant fort sa mie ?

Qui sont ces hommes bestiaux ? Chacal ou loup gris ?
Au cou m’a saisi l’étau sanglant de crocs traîtres.
Le rêve est tué. Partout d’enfer sort le reître.

Et mes deux vainqueurs, unis, frappent à grands cris
Sous le doux blâme d’états puissants sur leur lyre
Dont les saints soupirs bruyants masquent le long rire.

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Dernier texte dans le recueil Oripeaux (13 mai) :

Un haïku triplement holorime :

Mayo pourrit diots.
« Ma hie, hop ! » Oury dit haut.
Maillot pour idiot.

Et son exégèse :

Se levant d’une table où nul mets ne lui sied
L’acteur de cinéma, pour digérer la chose,
En plein midi s’adonne à l’art du terrassier.
Quelle erreur ! au soleil tombe veste et s’arrose.

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Journal

23 avril : Qui mourut il y a 400 ans ?
a) Shakespeare
b) Cervantes
Ce palindrome répond à Google dont le choix se discute…

Trop nus, être Cervantes ou ne pas être ? Ver te sape nu, os, et navre certes un port.

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15 avril : Nouvelle parution de  « La ronde », un échange bimestriel entre blogs. Voici dans ce cadre la contribution de Jean-Pierre Boureux :

Fenêtres

Pas de cadre, pas de fenêtre, l’autour crée le dedans, avant que cet intérieur attire et concentre tout ce qui ne s’échappe pas du cadre. C’est un peu le tableau dans le tableau, pensons au miroir des intérieurs flamands qui focalise un hors cadre dans la fenêtre de vue. Coup d’œil également du photographe qui, par habitude,  compose et structure visuellement sa scène, comme si une bordure virtuelle en délimitait l’extérieur.

Tout cela vient assez vite à la surface de nos pensées formatées par l’accoutumance. Quelques peintres toutefois sont sortis du cadre, ont enlevé la bordure de la scène, le cadre de la toile, pour tenter de prolonger le sujet au-delà du coup d’œil habituel. Pensons tout spécialement à Pierre Bonnard  qui souvent dans ses compositions extériorise l’intérieur et attire d’autant le regard du visiteur ainsi contraint de sortir du cadre alors que dans le même temps le paysage y entre.  Une même approche de renvoi au dehors avait été tentée à la Renaissance par la belle échappée perspective qui créa une rupture avec l’empilement hiérarchique des composantes précédentes, un monde nouveau pour un nouveau monde assurément.

Pierre Bonnard, La Fenêtre ouverte, huile sur toile, 1921, The Phillips Collection, Washington. Dans 'Bonnard' catalogue de l'exposition du Centre Georges Pompidou, Paris, 1984, p. 83.

Pierre Bonnard, La Fenêtre ouverte, huile sur toile, 1921, The Phillips Collection, Washington. Dans ‘Bonnard’ catalogue de l’exposition du Centre Georges Pompidou, Paris, 1984, p. 83.

Assez gambergé, je ferme  également les volets qui masquent mes fenêtres. Mais pourquoi me mets-je soudain à siffloter la chanson « les Fenêtres » de Brel, dont les paroles viennent de recouvrir celles antérieures dans le temps mais proches de sens, de Jean Lumière  : « derrière les volets » ? Mystère d’une fenêtre tout à coup ouverte puis refermée dans ma mémoire.

Pour ma part je suis très honoré d’être accueilli chez Hélène Verdier qui publie « Trouble désintégratif ».

Retrouver sur ce site les pages de ces deux textes : Fenêtres  –  Trouble désintégratif

8 avril : J’ai signé la pétition adressée à Donald trump :

parole de haine
faneras-tu le printemps
chassant l’hirondelle

 

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