Bienvenue sur le site talipo

Dernier haïku dans Hydrea:

les flammes serpentent
la belle dame chancelle
sous le ciel obscur

15 mai : La Ronde, échange bimestriel entre blogs, paraît aujourd’hui sur le thème « Désir(s) ». J’accueille avec plaisir Dominique Hasselmann :

(Re)passage du désir

Dans Paris, il existe un Passage du désir, il débute au 89 rue du Faubourg Saint-Martin et se termine au 81 rue du Faubourg Saint-Denis (10e). Il a pour fonction de relier l’un à l’autre. Hélas, ce « raccourci » a été privatisé, et maintenant il faut taper un code pour pouvoir l’emprunter.

Le désir serait donc soumis à la digitalisation (savoir appuyer au bon endroit) pour que la porte s’ouvre et que celui-ci, selon le titre d’un film de Wim Wenders, prenne son envol à tire-d’ailes.

Je me souviens de la représentation d’une pièce de Picasso, Le Désir attrapé par la queue, théâtralisée et dessinée à grands traits, où le plaisir vient se conjuguer avec son objet même.

Là, les grilles apparentes ressemblent à des cils en métal, les yeux langoureux s’échappent par leurs interstices, mais le désir est un envol que rien ne saurait abattre : les oies sauvages échappent aux fusils de chasse à deux canons des abrutis.

Passage du désir : un roman policier de Dominique Sylvain (Viviane Hamy, 2004) porte aussi ce beau titre.

Le plaisir se retrouve toujours entre les bras (les parenthèses) du désir.

La-ronde-mai-2019_6.5.19_DH

Pays-Bas, 6 mai 2019 (cliquer pour agrandir)

texte et photo : Dominique Hasselmann

Voir la page de ce texte

Voir ma propre contribution « Il n’a pas désiré » chez Guy Deflaux ou sur ce site

1er mai : Démarrage du nouveau projet annuel, le Pataméride ! Chaque jour un haïku en beau présent sur le nom du jour dans le Calendrier Pataphysique. Ci-dessous la première livraison :

1er mai – 12 Palotin – Réprobation du travail

L’idole dorée
Te boit, dévore œil et ventre.
Riante, t’oublie.

800px-Ambigramme_Oulipo_(bold_pencil)

 

Dernier texte dans le recueil Oripeaux ( 15 mai ) :

Il n’a pas désiré

Il n’a pas désiré la femme de son voisin
Il n’a pas désiré l’hiver ni le printemps
Il n’a pas désiré la mort de ses parents
Il n’a pas désiré s’asseoir au bord du lac où se reflétaient dans le crépuscule cent lumignons multicolores bercés par la brise du couchant

Il n’a pas désiré le bien du prochain
Il n’a pas désiré succéder à son père à la direction de la compagnie

Il n’a pas désiré descendre du car pour prendre à son tour cette photo du pont du diable au dessus de cette gorge monstrueuse dont l’abîme était souligné par cette touffe de genêts au premier plan
Il n’a pas désiré deux tickets pour le match dont la rumeur farouche lui parvint affaiblie par le double vitrage
Il n’a pas désiré de toute son âme que le Seigneur Miséricordieux penche vers lui son regard dont la chaleur transporte l’être tout entier

La-ronde-mai-2019-Anna_Chromy_Le-Commandeur

Il n’a pas désiré blesser la femme pauvre désemparée par les propos sans appel dont il lui sembla juste de la gratifier
Il n’a pas désiré les faveurs que lui valurent son témoignage accablant contre ce collègue qu’il savait innocent
Il n’a pas désiré d’honneurs particuliers

Il n’a pas désiré l’arbre ni l’oiseau

Il n’a pas désiré qu’on le dérange – sous aucun prétexte
Il n’a pas désiré vivre longtemps
Il n’a pas désiré la visite du prêtre
Il n’a pas désiré la présence des enfants dans cette chambre aseptisée où son souffle ténu n’éveillait nul écho sur les murs vert olive

Il n’a pas désiré que ses cendres soient dispersées au jardin du souvenir

Illustration : Il commandatore (Anna Chromý, Prague) photo Vincent de Groot –http://www.videgro.net, License CC-BY-SA

Voir la page de ce texte

 

Journal

15 avril : Notre Dame de Paris est la proie des flammes.

les flammes serpentent
la belle dame chancelle
sous le ciel obscur

30 mars : Naissance d’une merveilleuse petite fille.

devenir grand père
et dans l’aube d’un printemps
fleurir de bonheur

27 mars : Aujourd’hui paraît le dernier des six poèmes de la Suite berlinoise.

Oberbaum

par ce pont
jeté sur les larmes
le pèlerin privé d’espoir
s’avança croyant arpenter un cloître emmuré
le vent sifflait entre les colonnes de brique il charriait l’odeur de la mort

sous cette arche
l’eau couleur d’automne
murmurant des noms effacés
dans sa torpeur glissante s’éloignait lentement

atteignant
la rive opposée
près du mur aux dures couleurs

dans la foule
pullulante il vit

un visage

Voir la suite en totalité : 1 Linden 2 Insel 3 Einsinken 4 Mutter 5 Gedenkstätte 6 Oberbaum

 Suivez ce lien pour retrouver les dates plus anciennes dans la page «journal».


L’ambigramme du mot Oulipo est l’œuvre de Basile Morin. Je recommande la visite de son beau site.